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C'est
d'abord par ma famille que j'ai reçu la foi. Enfant, j'ai aussi appris
à aimer le Christ par le service de l'autel et le scoutisme. A l'âge
de 12 ans, après le témoignage d'un séminariste sur sa
vocation, ma réaction a été de me dire "Il a de
la chance d'avoir été appelé par Dieu ! Et si cela m'arrivait
à moi aussi un jour ?" Je gardais cette éventualité
au plus profond de moi, en grandissant dans une attitude de disponibilité.
Quelques années plus tard, lors d'un week-end d'aumônerie de
mon lycée, je fis à nouveau l'expérience d'être
profondément interpellé par le témoignage d'un séminariste.
La paix et la sérénité qu'il dégageait me laissèrent
entrevoir le bonheur d'une vie donnée à la suite du Christ.
La vocation de prêtre se présentait à nouveau à
moi comme une éventualité sérieuse. L'été
suivant, je participai au JMJ de Paris, là, je fus frappé par
la foule de jeunes venant du monde entier pour prier ensemble à l'appel
de Jean-Paul II. C'est à cette occasion que j'ai réellement
pris conscience de la dimension universelle de l'Eglise, riche des différentes
sensibilités qui la composent. Une belle invitation à élargir
mes horizons et à sortir de mes préjugés ! L'année
du bac, je portais toujours cette question de vocation, mais sans trop savoir
quoi en faire... Je me lançai donc dans des études supérieures
en me disant "Je me donne deux ans pour réfléchir sérieusement
à la question et essayer de savoir si oui ou non le Seigneur m'appelle."
Au bout de ces deux ans, je n'avais toujours pas la réponse que j'attendais,
et pour cause... je n'avais rien entrepris pour la trouver ! J'ai donc poursuivi
mes études, en tout cinq belles années riches d'amitiés,
de sorties, de grandes conversations, de voyage, d'échanges d'idées...
Durant cette période, je continuais d'être disponible à
la question de la vocation, mais dans un attitude plutôt passive : "Si
le Seigneur veut de moi comme prêtre, qu'il me le fasse savoir clairement
!"
Après toutes ces années, il était temps que je me penche
sérieusement sur le sujet. Ne sachant pas trop par quel bout le prendre
et puisque je n'étais pas parvenu à grand chose tout seul, j'ai
commencé par demander au Seigneur de m'y aider. Peu de temps après,
j'entendis parler des Exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola. Après
une retraite de 5 jours, j'ai fini par comprendre qu'il ne fallait pas attendre
de Dieu un signe en particulier... en fait, il m'en donnait tous les jours
! Que ce soit dans la prière, à travers des rencontres, des
conversations, des lectures ou encore par mon expérience de bénévole
au Secours Catholique. Alors, j'ai appris à repérer et déchiffrer
ces signes avec un père spirituel pour tenter d'y voir plus clair sur
la volonté du Seigneur.
Dans le même temps, j'ai exercé pendant un an et demi le métier
de consultant interne en Ressources Humaines. Bien que très épanoui
autant dans mon travail qu'au niveau social, je sentais qu'une partie de moi
aspirait à quelque chose d'autre. La réponse a fini par m'apparaître
comme une évidence après une deuxième retraite : le Seigneur
m'appelait bien comme prêtre à la suite du Christ, au service
de son Eglise !
Toutes ces années d'hésitation avant de répondre librement
à cet appel m'ont permis de mesurer à quel point Dieu ne cherche
jamais à s'imposer dans nos vies. Et pourtant, dans sa grande fidélité,
il ne se lasse jamais de nous appeler.
C'est donc dans la joie et la paix que j'ai débuté ma formation au séminaire inter-diocésain de Nantes que je poursuis maintenant au séminaire des Carmes. Mais tout n'est pas encore joué pour autant ! Les six années de formation du séminaire sont aussi un temps pour éprouver cet appel qui résonne en moi et me préparer à vivre pleinement cet engagement. La vie communautaire (et ses aléas !) est souvent un bon moyen pour apprendre à mieux connaître ses qualités et ses limites... Les cours suivis au séminaire, tout en éclairant ma compréhension de la foi constituent également un bon carburant pour la vie spirituelle: j'apprends à mieux aimer dans la prière ce que j'apprends à mieux connaître dans les salles de cours... et réciproquement ! Enfin, mes différentes activités pastorales auprès de paroissiens, d'enfants au caté ou encore en maison de retraite me donne de découvrir de plus près ce qui fait la vie d'un prêtre : ses difficultés et ses joies !
Aujourd'hui
j'ai bien conscience que les missions auxquelles je pourrai être appelé
en tant que diacre puis plus tard en tant que prêtre me dépassent
complètement. Témoigner de l'amour de Dieu, rendre présent
le Christ au monde par les sacrements, aider les hommes à discerner
les signes de l'Esprit : serai-je à la hauteur? Les apôtres appelés
par le Christ n'étaient pas des "sur-hommes", mais ils lui
ont fait confiance et ont accepté de le suivre. Ainsi, ce ne sont pas
d'abord les propres mérites des hommes qui rendent leur ministère
fécond, mais le Seigneur qui agit à travers ceux qui s'abandonnent
à sa volonté. C'est donc le coeur plein de joie que je m'apprête
à répondre "Me voici" à l'appel de l'Eglise
!